C'est bien le Canada qui parle au nom du Québec

Cette deuxième journée à Copenhague a été riche en péripéties. Après quelques heures au froid, j’ai enfin obtenu mon accréditation, le précieux sésame me permettant d’entrer au Bella Center et d’assister aux événements de la Conférence sur le climat.

Ce midi, j’ai rencontré Équiterre en compagnie de mon collègue et ami Bernard Bigras du Bloc Québécois. Il y a une chaude ambiance au sein des délégués du Québec et du Canada puisque l’on a appris, par CBC/Radio-Canada, que le gouvernement fédéral préparerait une nouvelle approche évitant le respect de la cible peu ambitieuse pour favoriser l’exploitation sans retenue des sables bitumineux de l’Ouest canadien. Crise. On imagine sans peine tout le branle-bas des groupes écolos du Québec, du Canada et des États-Unis qui ont dénoncé le gouvernement fédéral.

Par la suite, j’ai assisté à un événement périphérique qui a rassemblé, outre le premier ministre Jean Charest, quatre de ses homologues canadiens et américains (Wisconsin, Washington, Colombie-Britannique et Manitoba). Malheureusement, le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a brillé par son absence. Ils ont fait le point sur le rôle des provinces canadiennes et des États américains dans la lutte des changements climatiques.

Mais jamais Jean Charest n’a dit mot sur la position anti-Kyoto du gouvernement Harper à Copenhague – alors que c’est le point chaud du jour. À une question de la salle sur l’exploitation des sables bitumineux canadiens, il est resté silencieux. Finalement, doit-on conclure que son silence est un aveu d’impuissance face au gouvernement du Canada ou un appui implicite à l’industrie pétrolière? Les prix Fossile reçus par le Canada donnent du poids à cette idée.

Durant la journée, j’ai aussi pu constater que le Québec, mais aussi les autres provinces canadiennes, ont un rôle bien limité dans l’équipe de négociateurs canadiens. Seul un fonctionnaire du Québec prend part, le matin, à la rencontre avec le fédéral. Ensuite, c’est le Canada qui poursuit la négociation avec les autres nations souveraines.

Voilà, tout est dit, c’est bien le Canada qui parle au nom du Québec aux tables de négociation.

Que faites-vous pour l'environnement?

Nous proposions des cibles plus ambitieuses. Plus difficiles à atteindre, certes, mais nécessaires pour l’avenir de la planète et la qualité de vie de tous.

Et vous, que faites-vous pour l’environnement?

  

Commentaires

Merci à Scott McKay pour ces billets depuis Copenhague.

La souveraineté du Québec est la seule option pour se présenter comme un état, capable de se fixer des moyens de réductions des GES qui rejoignent les pays européens. Le plan d'action du Danemark est très inspirant et montre qu'un pays nordique peut atteindre des objectifs ambitieux tout en augmentant la croissance économique du pays. Pour le moment j'ai honte d'être citoyen du Canada. Voilà une autre bonne raison de faire l'indépendance.

Vous êtes allé chercher un Fossile vous-même?

Merci de nous tenir ainsi informés de la réelle situation, sur le plancher des négociations. En espérant que vous comme d'autres pourront amener un peu de lucidité à nos dirigeants frileux qui détruisent un peu plus à chaque minute l'avenir de notre génération et des générations à venir...

"À une question de la salle sur l’exploitation des sables bitumineux canadiens, il est resté silencieux."

Quoi que je ne suis pas étonne par la réaction passive de Jean Charest, je dois avouer que je suis bien déçu par ca.

A ce qui est du Canada qui parle au nom du Québec et des autres provinces, désole mais je suis tout a fait d’accord. Le Québec n’est pas un pays, mais une province. Je trouve aussi dommage que c’est l’argent des contribuables qui est utilisé pour envoyer une délégation a Copenhague – une délégation qui n’a même pas droit de parole ou décision. J’espère que vous avez des belles vacances labas et pensez aux familles du Québec qui sont a veille de passer un temps des fêtes misérable a cause de l’économie.