« C’est un grand jour pour le Québec » : poisson d’avril ?

Le Québec connaît une grande journée aujourd’hui. Le chef du gouvernement a présenté sa nouvelle politique énergétique. Un premier principe : plus de 50 % des revenus reliés à l’exploitation de nos ressources doivent revenir à la population. Dans le développement des projets éoliens, gaziers ou pétroliers, le respect de l’environnement, la sécurité de la population et l’acceptabilité sociale sont élevés au rang de condition sine qua non à tout projet d’exploitation. On annonce également la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Du même souffle, le chef du gouvernement expose clairement quelle sera la posture du Québec face au fédéral. Nous n’accepterons pas de nous soumettre à son arbitrage en ce qui concerne nos frontières, notamment dans le dossier du gisement pétrolier Old Harry. De plus, nous n’accepterons pas que l’on finance, à même nos impôts, la concurrence terre-neuvienne à Hydro-Québec. Ces enjeux démontrent bien ce qu’il nous en coûte de faire partie du Canada.

Il est temps d’en finir avec la question nationale une bonne fois pour toutes. Fort du mandat qu’il a reçu de la population, le gouvernement a réuni tous les citoyens du Québec autour de consensus forts. Le plein contrôle sur notre culture et notre langue, sur notre fiscalité et sur nos instances de développement économique doit nous revenir. Le rapport de force du Québec est grand, le fédéral devra réagir. Dans le même esprit, le gouvernement ne cache pas l’option qu’il préconise pour obtenir une solution satisfaisante à tous ces enjeux. Nous devons avoir un pays. On en parle, on documente la question. Les gens en débattent dans le respect et la sérénité.

En matière de langue et d’identité, le gouvernement fait son travail. La Charte de la langue française a été amendée de façon à rendre ses lettres de noblesse à l’école française. Ce faisant, on offre la chance aux enfants qui le désirent et qui en sont capables d’apprendre une deuxième et une troisième langue. Le gouvernement a décidé de clarifier une bonne fois pour toutes le débat complexe sur la présence des signes religieux en adoptant une Charte de la laïcité.

En éducation, le gouvernement a réuni tous les acteurs de la société dans une grande bataille, la lutte au décrochage scolaire. Réunis par une approche basée sur la démocratie et la participation de chacun, les acteurs du monde de l’éducation se réuniront bientôt pour trouver une solution complète et permanente au problème de sous-financement de l’éducation postsecondaire.

Depuis quelques semaines, les travaux de la commission d’enquête sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats gouvernementaux vont bon train. Le gouvernement a eu la bonne idée de confier le processus de définition du mandat et de sélection du commissaire à des autorités indépendantes, ce qui a procuré une grande crédibilité à l’exercice. Comme l’enquête est publique, elle a mené à de nouvelles dénonciations et les médias ont pu découvrir d’autres éléments. On attend des arrestations imminentes.

Ceci n’est pas un poisson d’avril. Cette journée existe vraiment. Elle existe dans notre futur. Avec un gouvernement du Parti Québécois, c’est ainsi que les choses vont se passer. C’est ce que Pauline Marois veut faire lorsqu’elle sera à la tête du gouvernement. Non, ce n’est pas blanc bonnet, bonnet blanc. On a le choix entre un parti qui a subordonné l’intérêt du Québec à ses intérêts partisans et un autre parti qui n’a qu’un seul maître, le peuple québécois. Et ça, ça fait toute la différence. C’est ça, agir en toute liberté.