Je le disais dans un billet précédent, la politique internationale, c'est comme au Québec: certains sont de bonne foi, d'autres ont un agenda caché; il y a de la grande et de la petite politique partout.

Ce matin, Hilary Clinton a donné une conférence de presse importante au cours de laquelle elle a insisté sur l’engagement des États-Unis dans les négociations et lancé un appel pressant aux participants de la conférence pour qu’un accord soit négocié d’ici la fin de la Conférence – dans deux jours! Dans quelques heures, le président Sarkozy et la Chancelière Angele Merkel, la Pauline Marois allemande, s’adresseront aux délégués, comme plus de 110 chefs d’État et de gouvernement.
Compte tenu de cette forte participation, je vous confirme ce que vous avez sans doute lu ou vu a la télé : le Centre Bella, le lieu de la conférence, est devenu une chasse bien gardée où les représentants des ONG n’ont malheureusement plus accès. Même l’équipe dynamique d’Équiterre, qui fait un boulot formidable notamment pour souligner les efforts du Québec dans les changements climatiques, a vu son accès se restreindre, ainsi que le représentant de l’AQLPA. Plusieurs ONG suivent depuis des années les négociations sur les changements climatiques et de nombreux représentants sont personnellement impliqués dans les dossiers le début; c’est dur et frustrant, surtout que leur contribution, leur expérience et leur perspective peuvent être particulièrement utiles.
Comme tout ceux qui ont à cœur l’avenir de notre planète, j’espère que cette grande densité de dirigeants mondiaux dans un même lieu permettra aux grandes manœuvres de négociations en cours d’aboutir. La nuit risque d’être longue pour plusieurs délégués.
Je constate aussi qu’une très grande majorité de pays souhaite maintenant obtenir un accord ambitieux et contraignant pour lutter contre les changements climatiques. Pour l’heure, plusieurs critiquent la position de pays émergents comme la Chine.
Mais je dois ajouter que le Canada ne semble pas bien motivé à conclure cette semaine un accord. C’est pourquoi je m’étonne des menaces du premier ministre Jean Charest qui dit qu’il pourrait contester devant les tribunaux du Canada si les engagements canadiens ne lui conviennent pas!
Dans les faits, c’est le fédéral qui négocie et qui signe les traités internationaux. Si lui, le premier des fédéralistes au Québec n’arrive pas, sur un sujet si crucial pour notre avenir, à trouver une entente avec le fédéral, il me semble qu’il démontre ainsi les limites du système fédéral et l’importance que le gouvernement du Québec puisse nous représenter directement dans les négociations internationales!
Somme toute, je soupçonne M. Charest de faire encore diversion en déclarant des intentions qu’il ne mettra jamais à exécution. M. Charest est bien content d’être à Copenhague… pour ne pas être au Québec!