Dans toute la tourmente politique qui sévit à Québec cette semaine, j’aimerais profiter de ce billet pour mettre de l’avant certains enjeux cruciaux pour l’avenir du Québec et qui ont été en bonne partie occultés dans les circonstances.
Ainsi, le discours du Trône et le dépôt du budget 2011-2012 du gouvernement fédéral contenaient une série de mauvaises nouvelles pour le Québec. Bien sûr, les conservateurs se sont rendus à l’évidence et ont inscrit dans le budget les 2,2 milliards de dollars qui sont dus au Québec pour l’harmonisation des taxes, mais il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une manœuvre de diversion pour faire oublier les autres annonces qui ont été faites par la même occasion.
D’abord, le discours du Trône du 3 juin dernier annonce un véritable choc de cultures, d’idéologies et d’intérêts entre, d’une part, la majorité conservatrice canadienne et, d’autre part, le consensus social qui unit la majorité des Québécois et des Québécoises. Au premier chef, on retrouve la proposition gouvernementale de réduire le poids politique du Québec à un niveau inférieur à son poids démographique et, surtout, à l’encontre du principe, reconnu par les conservateurs eux-mêmes, voulant que le Québec soit l’une des deux nations fondatrices du Canada. De 24,4 % qu’elle est actuellement, la proportion de députés québécois à la Chambre des Communes baisserait à environ 23 %, selon le plan avancé par le gouvernement fédéral. Le flou est également entretenu sur le poids relatif du Québec au Sénat si cette institution était réformée par les conservateurs canadiens, d’autant plus que les conservateurs veulent réformer le Sénat sans modification constitutionnelle et sans le consentement du Québec, ce qui serait inacceptable.
Puis, on nous a confirmé qu’Ottawa allait de l’avant avec ces mesures condamnées sans équivoque chez nous que sont l’aide financière à Terre-Neuve-et-Labrador pour le complexe hydroélectrique du Bas-Churchill ainsi que l’imposition d’une commission pancanadienne des valeurs mobilières. Dans les deux cas, les intérêts du Québec sont directement attaqués, puisque Hydro-Québec, qui n’a jamais obtenu le moindre dollar fédéral pour développer son immense réseau de production et de transport d’électricité, subira désormais une concurrence déloyale de la Newfoundland and Labrador Hydro. Dans le même esprit, l’Autorité des marchés financiers, une institution réglementaire québécoise francophone, sera menacée de disparition par une nouvelle structure fédérale, basée à Toronto, éloignée des investisseurs et des entrepreneurs du Québec.
L’abolition annoncée du registres des armes d’épaule ainsi que celle des subventions aux partis politiques, deux programmes qui bénéficient de l’appui d'une vaste majorité de Québécois, constituent deux autres affronts à nos valeurs et à nos intérêts.
En tant que souverainistes, il est bon de prendre acte de ce choc plus manifeste que jamais entre la majorité canadienne et la majorité québécoise et de s’ériger en défenseurs des intérêts de notre nation.
Commentaires
exactement ce que je dit depuis la dernière élection, le Québec a jamais été aussi proche de s'entendre avec le restant du canada(consensus qui a donner l'opposition officiel au npd), résultât?
un gouvernement majoritaire conservateur...
Au delà de cette constatation, que nous proposez-vous? Quémander? Protester? Réclamer des droits? C'est ce que l'on fait depuis des décennies et voyez où nous en sommes; de la constatation. C'est encore ce que vous proposez: de la gouvernance provinciale à l'intérieur du Canada. Avez-vous peur de parler d'indépendance plutôt que d'aboyer contre les partis fédéralistes? Avez-vous peur de nous dire haut et fort ce que seront les tenants et aboutissants d'une démarche vers l'indépendance plutôt que d'aboyer contre le parti libéral du Québec et Jean Charest?
Oui vous êtes jeunes et capable de projets; parlez nous en. Vous voulez que Jacques Parizeau vous donne la parole, demandez en autant à madame Marois; je crains que vous n'en n'ayez pas le courage.
hum, ce commentaire s'adresse a mr. traversy ou a moi?
si vous vous adresser a mr. traversy je vais juste vous souligner la fin de son message
<>
et si vous parler de moi, et bien je ne voyais pas l'importance de préciser que jetait souverainiste, souvent préciser notre vision met sur la défensive les détracteur de l’idée, faut d'abord et avant tout les faire réfléchir par eux-même avant de leurs suggérer des solutions possible ;)
Bonsoir Julien,
Mon message s'adressait à M. Traversy. Je n'ai jamais douté de votre allégeance politique selon votre texte.
Je ne dénie pas l'affirmation finale de M. Traversy lorsqu'il dit: "En tant que souverainistes, il est bon de prendre acte de ce choc plus manifeste que jamais entre la majorité canadienne et la majorité québécoise et de s’ériger en défenseurs des intérêts de notre nation." Cela dit, quelle est la stratégie du parti québécois pour s'ériger en défenseurs. On nous dit que la stratégie ne sera pas ouverte; alors que celle de la motion de Crémazie l'est et a l'avantage d'être claire et non secrète.
J'ai hâte de voir le parti québécois redevenir le parti de l'indépendance.