Le budget du 17 mars dernier a reconfirmé, si besoin était, que le gouvernement libéral ne tient pas parole, qu’il ne respecte pas ses engagements. Dans le budget de l’an dernier, le gouvernement avait proposé un pacte aux Québécois : les contribuables feraient leur part de l’effort en payant plus de taxes et tarifs, et en contrepartie, le gouvernement ferait sa part en contrôlant mieux ses dépenses. Malheureusement pour le Québec, ce pacte n’a pas été respecté. Le gouvernement libéral a effectivement augmenté les taxes et tarifs payés par les Québécois, à la hauteur prévue et à la cenne près, mais de son côté, il a lamentablement échoué à reprendre le contrôle des dépenses.
Il s’agit d’un bris de contrat manifeste, à l’image du bris spectaculaire des promesses électorales (pas de déficit, pas de hausses de taxes, pas de pertes à la caisse de dépôt) sur la base desquelles le gouvernement libéral avait été élu. J’en parlais ici le jour même du dépôt du budget, et vos réactions allaient en ce sens.
Les conséquences de ce bris de contrat sur nos finances publiques sont évidemment très lourdes, en particulier sur le niveau de notre dette [1], qui continue à augmenter à un rythme inquiétant. Il faut rappeler ici que Jean Charest est responsable, à lui seul, de rien de moins que 30% de la dette du Québec. Il s’agit là de son principal legs, un legs dont les Québécois se souviendront douloureusement, pendant longtemps.
Ce qui tout aussi grave, c’est que le gouvernement libéral nous a concocté une recette infaillible pour que l’économie du Québec croisse plus lentement dans les prochaines années. Il faut ici rappeler que les moteurs de la croissance économique sont la scolarisation et l’investissement des entreprises.
Or, le gouvernement libéral, non content de ne rien faire pour stimuler l’investissement des entreprises, lesquels sont en panne [2], nous annonce en plus une hausse drastique des droits de scolarité universitaires, qui se répercutera nécessairement par une réduction de la diplomation universitaire [3]. Cette hausse freinera le rattrapage par rapport à ses voisins que le Québec était en voie de compléter au plan de la scolarisation universitaire. Par ailleurs, il s’agit d’une atteinte indéniable à l’équité entre les générations. Tous les Québécois qui ont été scolarisés depuis les années 70 ont en effet bénéficié de droits de scolarité plus faibles que ceux que le gouvernement libéral voudrait faire payer aux générations actuelles (et à venir) de jeunes Québécois. Bref, en plus d’être néfaste pour la croissance économique future du Québec, cette mesure libérale est profondément injuste.
Une seule conclusion s’impose : le gouvernement libéral ne sait pas gérer nos finances publiques et ses choix contribuent à freiner le développement économique et humain du Québec.
Notes
[1] Budget 2011-2012 - Plan budgétaire, Gouvernement du Québec, page D.16 (pdf, 3,57 Mo - en ligne), voir le «Tableau D.8: Dette au 31 mars 2010 selon les différents concepts»
[2] Dans le Bulletin Flash de l'Institut de la statistique du Québec, «Investissement privés et publiques: perspectives 2011» (pdf, 854,75 Ko - en ligne), page 2, voir le «Tableau 1: Secteur privé, Machines et équipement». Le niveau de 2011 est encore bien en dessous des niveaux de 2006, 2007 ou 2008.
[3] Dans l'édition 2010 des Indicateurs de l'éducation, produite par la Direction générale des politiques, de la recherche et de la planification stratégique du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (pdf, 2,21 Mo), à la page 67, voir le «Graphique 2.9 : Taux d’accès aux programmes d’études conduisant à un grade universitaire (en %)». On y constate le déclin de l’accès aux études à la suite de la hausse des droits du début des années 1990.