Préserver nos entreprises forestières québécoises

Que restera-t-il de nos entreprises forestières québécoises lors de l’implantation du nouveau régime forestier en 2013? Voilà une question à laquelle le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, monsieur Clément Gignac, est incapable de répondre. Ce mutisme du ministre est inquiétant pour les nombreuses régions du Québec qui dépendent en grande partie de l’industrie forestière.

Dans la circonscription de Matapédia, la fermeture indéterminée des usines de Bois d’œuvre Cédrico inc. à Lac-au-Saumon, Causapscal et Price ainsi que l’arrêt des travaux sylvicoles et d’abattage en forêt compromettent 560 emplois directs pour une masse salariale de 20 M$. Au Bas-Saint-Laurent, cela pourrait entraîner la perte de 1000 emplois indirects. Dans Matapédia, plusieurs autres petites et moyennes entreprises reliées au secteur forestier vivent aussi des difficultés.

Dans le Bas-Saint-Laurent, ce sont 10 000 propriétaires de boisés privés qui ont besoin de débouchés pour leur bois. Souvent, cette vente de bois représente une part importante des revenus d’une entreprise agricole.

En août dernier, des leaders politiques, économiques et industriels de la circonscription de Matapédia réclamaient une intervention d’urgence du gouvernement du Québec. Trois mois plus tard, le plan d’action que le gouvernement devait déposer cet automne est toujours attendu. Présentement, des camions complets de bois de la circonscription de Matapédia et du Québec vont se faire transformer au Nouveau-Brunswick. Si cette situation perdure, nous sommes en présence d’une catastrophe annoncée pour le Québec. Nos entreprises forestières de première, deuxième et troisième transformation sont intégrées. Si le gouvernement ne vient pas rapidement en aide aux scieries québécoises, tous les maillons de notre secteur forestier finiront par s’effondrer.

Le gouvernement et l’actuel ministre des Ressources naturelles et de la Faune doivent reconnaître l’importance stratégique du secteur forestier dans l’économie des régions du Québec et agir rapidement.

La situation est aussi critique en Gaspésie. La population de Bonaventure aura l’occasion de dénoncer l’indifférence du gouvernement libéral face à la crise forestière le 5 décembre en élisant un député du Parti Québécois: Sylvain Roy.