En 1994, notre gouvernement, sous Jacques Parizeau, plaidait déjà pour une desserte gouvernementale adaptée aux particularités du Nord-du-Québec. En 1998, la Commission parlementaire sur l’aménagement du territoire avait été chargée de mener des consultations particulières auprès des acteurs liés au développement de la région du Nord-du-Québec (Cris, Inuits et Jamésiens).
À la suite de cette consultation, le gouvernement du Québec de Bernard Landry adoptait en 2001 la Politique de développement du Nord-du-Québec qui mettait l’accent sur la nécessité de créer des ponts entre la population jamésienne et les autochtones, cherchait à favoriser la déconcentration des pouvoirs et imposait à chaque ministère de tenir compte dans ses activités et offres de service de la spécificité du Nord québécois.
La suite, vous la connaissez : avec la victoire des libéraux en 2003, cette politique resta lettre morte et «mise sur une tablette». Ce n’est qu’en 2008, lors d’un congrès du Parti libéral, que le développement du Nord québécois est revenu dans l’actualité!
Le Plan Nord du gouvernement de Jean Charest, dévoilé récemment ce printemps, est une démarche louable. Cependant, pour réussir, ce Plan Nord ne doit pas se résumer qu’à un vaste chantier économique, mais devra contribuer à résoudre la fracture sociale qui existe entre, d’une part, le nord et le sud du Québec et d’autre part, les communautés autochtones et non autochtones et améliorer la qualité de vie des communautés nordiques.
Comment voyez-vous le développement du Nord québécois?
Avez-vous des propositions ou des commentaires concernant le projet de loi 14 (loi modifiant la loi sur les mines)?
Quel serait selon vous le pourcentage de redevances acceptable concernant l’exploitation des ressources naturelles du Nord québécois, dont principalement l’industrie minière?
Que seraient selon vous les pistes pour «réussir» un développement nordique harmonieux et respectueux de ses communautés et de son environnement?
Commentaires
À mon avis, le développement du Nord doit être un développement durable, et il doit être profitable au Québec. Pas question de récolter des miettes qui suffiront à peine à payer le coût des routes et de l'aménagement du territoire. Nos ressources doivent être notre richesse collective au même titre que notre savoir-faire. En ce sens, je crois que nous devrions recevoir au minimum 50 % + 1 des revenus des richesses du Nord. Elles nous appartiennent, alors il est normal que nous en jouissions et que nous ne les donnions pas. Il faut également encadrer ce développement afin de limiter son impact environnemental et social sur les communautés nordiques, et sur le besoin en eau, notre richesse. Ainsi il faudrait inciter les entreprises à réduire leur consommation en eau, et à employer de la main d'oeuvre autochtones, et à lui offrir des formations afin de stimuler le développement économique de ces communautés nordiques, ce qui leur offrirait davantage de possibilités et pourrait remédier au chômage endémique et aux problèmes sociaux. En donnant à ces communautés la possibilité d'être formés pour travailler et participer au développement de leur propre région dans son respect et dans le respect de leurs préoccupations, alors nous aurions une formule gagnante.