Au cours de la présente semaine s’ouvrira une session parlementaire cruciale. D’abord, de nombreux débats d’importance continueront de meubler l’actualité, tels que ceux portant sur l’éthique, les gaz de schiste, la langue française ou la Commission Bastarache. De plus, et peut-être surtout, au terme de cette session parlementaire automnale, l’actuel gouvernement libéral sera à la moitié du mandat que lui a conféré la population québécoise le 8 décembre 2008. Ce sera donc l’occasion de dresser un bilan de l’action gouvernementale des libéraux.
Vous comprendrez que dans le contexte actuel, j’ai choisi de vous dire quelques mots au sujet de la première semaine de travaux de la Commission Bastarache. Que retirer de ces premiers jours d’audience ? Quatre choses, principalement.
Dans une lettre publiée hier, le gouvernement libéral laisse croire qu’il veut protéger le poids politique des régions. Or, c’est plutôt l’inverse : le projet de loi des libéraux diminuerait le poids politique réel de la majorité des régions. C’est aussi ce qu’affirment la Commission de la représentation électorale et le Directeur général des élections.
J'ai eu l'occasion ce matin, vendredi, d'interpeller le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Robert Dutil, sur la position des fédéralistes québécois face à l'impasse constitutionnelle, 20 ans après l'échec de l'Accord du Lac Meech.
Le ministre nous a confirmé que les demandes constitutionnelles du gouvernement du Québec ont été «mises en veilleuse». Pour la première fois de l'histoire contemporaine du Québec, un gouvernement admet qu'il n'a plus de demandes constitutionnelles et accepte le statu quo!
On a eu droit mardi, sous l’œil attentif des caméras de la CBC qui traînaient par là, à une prise de bec spectaculaire entre Steven Guilbault d’Équiterre et Dimitris Soudas, l’attaché de presse de Stephen Harper. Ce dernier, au nom du gouvernement fédéral, poussé au pied du mur, a faussement accusé l'écologiste de saboter la position canadienne.
Il aurait plutôt dû reconnaître la contribution des ONG du Québec, fortement représentées ici à Copenhague.
Finalement, voilà encore une démonstration que le fédéral est intransigeant et dogmatique face aux intérêts du Québec… et qu'il n’hésite pas à faire preuve de partisanerie déplacée pour parvenir à ses fins. Mais quelles sont-elles exactement? Difficile à dire...