Que restera-t-il de nos entreprises forestières québécoises lors de l’implantation du nouveau régime forestier en 2013? Voilà une question à laquelle le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, monsieur Clément Gignac, est incapable de répondre. Ce mutisme du ministre est inquiétant pour les nombreuses régions du Québec qui dépendent en grande partie de l’industrie forestière.
Depuis l’automne dernier, le monde agricole réagit avec vigueur pour défendre ses intérêts menacés par diverses mesures gouvernementales visant, en principe, à soutenir les entreprises agricoles dans certains secteurs d‘activités tout en contrôlant la croissance de l’aide financière gouvernementale.
On se souviendra du blocage, par exemple, par les agriculteurs, du passage des motoneiges et des véhicules tout terrain sur leurs terres agricoles et dont le dénouement a eu lieu tout juste avant Noël 2010 suite à une entente avec le ministre de l’agriculture de l’époque, Laurent Lessard.
En 1994, notre gouvernement, sous Jacques Parizeau, plaidait déjà pour une desserte gouvernementale adaptée aux particularités du Nord-du-Québec. En 1998, la Commission parlementaire sur l’aménagement du territoire avait été chargée de mener des consultations particulières auprès des acteurs liés au développement de la région du Nord-du-Québec (Cris, Inuits et Jamésiens).
Le budget du 17 mars dernier a reconfirmé, si besoin était, que le gouvernement libéral ne tient pas parole, qu’il ne respecte pas ses engagements. Dans le budget de l’an dernier, le gouvernement avait proposé un pacte aux Québécois : les contribuables feraient leur part de l’effort en payant plus de taxes et tarifs, et en contrepartie, le gouvernement ferait sa part en contrôlant mieux ses dépenses. Malheureusement pour le Québec, ce pacte n’a pas été respecté. Le gouvernement libéral a effectivement augmenté les taxes et tarifs payés par les Québécois, à la hauteur prévue et à la cenne près, mais de son côté, il a lamentablement échoué à reprendre le contrôle des dépenses.
Il s’agit d’un bris de contrat manifeste, à l’image du bris spectaculaire des promesses électorales (pas de déficit, pas de hausses de taxes, pas de pertes à la caisse de dépôt) sur la base desquelles le gouvernement libéral avait été élu. J’en parlais ici le jour même du dépôt du budget, et vos réactions allaient en ce sens.
Le développement régional est au centre des préoccupations de plusieurs Québécoises et Québécois. Au cours des dernières années, les gouvernements ont doté les différentes régions du Québec de plusieurs outils ayant pour but de favoriser leur développement, tels que les Municipalités régionales de comté (MRC), Centres locaux de développement (CLD), Carrefours Jeunesse Emploi (CJE) et Conférences régionales des élus (CRÉ).
En raison des profondes transformations économiques qui s’opèrent sur la scène internationale depuis quelques années, le Québec est confronté à de nouveaux défis auxquels nous devons faire face afin de maintenir notre niveau de vie par l’accroissement de notre richesse individuelle et collective. Dans cette nouvelle économie du savoir, où l’innovation constitue la principale clé du succès, nos entrepreneurs jouent un rôle primordial. Que ce soit par le développement de créneaux spécifiques dans des secteurs technologiques, par le génie de nos artisans ou par l’implantation de nouvelles formes de gestions, nos entrepreneurs sont créateurs d’emplois et permettent au Québec de se démarquer dans cet immense village global qu’est devenu le monde.
L’avenir de notre nation dépendant grandement de nos entrepreneurs, il y a lieu de s’interroger sur la situation actuelle en ce qui concerne notre relève entrepreneuriale. Nos créateurs d’emplois seront-ils suffisamment nombreux pour assurer la vitalité du Québec de demain? Le constat est frappant : si l’état québécois n’intervient pas rapidement, il y aura un manque criant de relève à tous les niveaux. Que ce soit au niveau du démarrage et du transfert d’entreprises, de la relève agricole ou du nombre de travailleurs spécialisés, nous nous acheminons vers une pénurie qui pourrait bien avoir des conséquences désastreuses dans notre économie.
Comme je vous l'annonçais ici à l'automne, un groupe de députés du Parti Québécois a parcouru le Québec, entre octobre et décembre dernier, dans le cadre d’une tournée consultative portant sur le développement régional. Sous le thème Agir pour les régions, les députés souhaitaient avant tout redécouvrir les particularités du territoire québécois ainsi qu’écouter les principaux artisans du développement durable. Et nous leur avons posé la question sans détour : qu’attendez-vous et qu’espérez-vous de la part du prochain gouvernement du Québec ?
Le plus important chantier au Québec s’est amorcé depuis plus d’un an à quelques kilomètres au nord de Havre-Saint-Pierre sur la Côte-Nord. Bien que sur les planches à dessin d’Hydro-Québec depuis une dizaine d’années, la Minganie vit aujourd’hui la mauvaise planification et la sous-estimation des répercussions du méga chantier de la rivière Romaine. Jamais a-t-on vu un projet d’une telle ampleur dans une MRC de sept petites municipalités et d’à peine plus de 6000 résidents.
À ce jour, quelque 1000 travailleurs s’activent sur le complexe hydroélectrique et les impacts sociaux se multiplient particulièrement dans la municipalité la plus près du chantier : pénurie de logements, manque de places en service de garde, pression sur le centre de santé, achalandage accru sur la route 138. Ciblés depuis des mois, ces impacts étaient pourtant prévisibles et remédiables dans une certaine mesure. Ils ont cependant été minimisés, voire ignorés, par le gouvernement et Hydro-Québec.
À la demande du milieu, la ministre Normandeau a mis en place, en février dernier, un comité interministériel pour pallier ces problématiques pointues. Près d’un an plus tard, les actions concrètes se font toujours attendre.
L’ensemble des pays développés possède au moins une région métropolitaine dynamique et moderne. Au coeur de notre patrie se situent Montréal et Québec, qui rayonnent sur le monde. Mais peu d’États peuvent se targuer de posséder à la fois une métropole et une capitale d’avant-garde, et à la fois un immense territoire de 1,7 million de km² ─ sur lequel on retrouve plus d’un million de lacs et de cours d’eau, le plus grand producteur mondial d’hydroélectricité, 800 000 km² de forêt répartis sur sept degrés de latitude, de nombreux minéraux métalliques (dont de l’or, du fer, du cuivre, du zinc) et où seulement 40 % de son potentiel minéral souterrain est connu ─ ainsi que 17 régions administratives hétérogènes où des femmes et des hommes créatifs les occupent de façon dynamique. Le Québec : oui.
Ce sont nos régions et leurs particularités qui distinguent le Québec du reste du monde et notre futur collectif dépend de leur épanouissement ; il en va de l’avenir du Québec, comme il en va de l’avenir des régions.
Toutefois, il faut garder en tête que la métropole et les régions sont des entités complémentaires et interdépendantes. Nous devons éviter de tomber dans l’apathie des « deux solitudes ». Vivement des régions et une métropole fortes dans un Québec uni !
... et on l'attend avec impatience! Le Plan Nord, devenue démarche, devenu document, devrait être déposé en novembre prochain par la ministre Nathalie Normandeau, le Parti Québécois sera très vigilant en regard de la participation et du rôle que doit jouer la société civile dans ce processus. En effet, à titre de porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement nordique, j’ai demandé qu’une large tournée de consultation soit entreprise dans les régions concernées afin d’obtenir les commentaires et suggestions des divers intervenants régionaux avant la rédaction finale. D’autant plus que Monsieur et Madame Tout-le-monde n’en ont jamais entendu parler. En fait, personne n’a, à ce jour, la moindre idée de ce que contient ce Plan Nord.