Compte-rendu de la table ronde «Internet et démocratie»

Ça se passait hier matin à l’Hôtel Place D’Armes. Une Américaine de CBS, un Français et deux Canadiens, dont Parisella, comme panellistes. Et Jean-Marc Léger comme modérateur qui n’a pas hésité à dire, lorsque l’Américaine (Kathleen A. Frankovic ) a proposé que la table ronde se déroule AUSSI en français, qu’il ne fallait surtout pas être gêné de l’exiger.

Et dans le public, une cinquantaine de personnes. De tous âges, de tous horizons. Certains du milieu des affaires venus pour en apprendre sur les possibilités du Web. Mais pas de représentants de l’ADQ, ni du PLQ. Seulement du PQ.

Et un loyal libéral qui a pris un temps du parole pour louanger Parisella ainsi que l’authenticité et l’honnêteté du PLQ qui, selon lui, expliquent le succès libéral, Internet ou pas. (Vous comprendrez que l’humour était admis dans la salle…)

En gros, une discussion qui se voulait apolitique (ce qui n’a pas empêché Parisella de réussir à planter le PQ un moment donné même s’il a paru complètement déplacé) et qui visait à mesurer l’impact d’Internet en démocratie.

Il y a bien sûr eu l’éternelle grande question : les médias traditionnels doivent-ils craindre Internet et le phénomène des blogues?

Dans la salle, une journaliste inquiète qui demandait «comment le pauvre peuple fera-t-il pour se retrouver dans les mensonges sur Internet alors qu’il est habitué à la vérité dans les médias traditionnels?». (Je vous dis, l’humour battait son plein.) La réponse la plus nuancée à cette question est venue du panelliste Français, Thierry Vedel : «justement, avec plus de choix et plus de sources d’information, l’esprit critique des gens s’aiguisera et ils apprendront à la longue à distinguer l’opinion de l’information, souvent entremêlées de toute façon ».

La conversation a donc surtout porté sur ce qu’on trouve dans Internet plutôt que sur les moyens de s’en servir. Et que les médias n’ont pas à craindre Internet puisqu’il leur est aussi ouvert.

Les exemples étaient surtout tirés de la campagne d’Obama, puisque la campagne sur le Web a été un franc succès, un véritable tremplin. Les panellistes ont d’abord dit que le gros du succès Web d’Obama est qu’il a réussi à amasser un nombre record de contributeurs. (J’ai calculé et toutes proportions gardées, le PQ fait mieux. Mais des millions, ça brille toujours plus dans une conversation…)

En gros, la table ronde a servi à répéter les grandes lignes qu’on connaît déjà ici dans un Québec très branché, même si tout le monde aime dire que la campagne Web d’Obama était bien au-delà de ce qui se fait (sans pouvoir dire quoi).

Et quelles sont ces grandes lignes? Appeler les gens à faire des dons en ligne récurrents, utiliser les réseaux sociaux pour soulever le Buzz (Facebook, etc.), produire de l’audio et du vidéo (Youtube, etc.), mettre des plateformes Web qui permettent aux gens de créer et de diffuser eux-mêmes du contenu, bloguer et inviter à bloguer, etc.

Mais quelque chose est ressorti hier, quelque chose que certains n’aimeront pas lire, mais qui, selon moi, montre bien qu’au-delà de tout, au-delà du «comment» sur le Web, il y a des forces supérieures contre lesquelles le Web 2.0 peut difficilement lutter : le «produit» lui-même. Que serait-il arrivé si Obama avait été un «petit gros laid»? Pire, que serait-il arrivé si Barack avait été une femme?

C’est Kathleen A. Frankovic (CBS News, New York) qui l’a bien dit hier : « Il est socialement plus acceptable d’être sexiste que d’être raciste.» Et selon elle, Web ou pas, Hillary n’y pouvait rien. Même si elle aussi a fait une bonne campagne sur le Web.

10 commentaires pour “Compte-rendu de la table ronde «Internet et démocratie»”

  1. Caligula dit :

    Je ne crois pas que les USA ont dit non à une femme. Ils ont dit non à cette femme. Et je suis d’avis qu’ils ont bien fait. Hillary a renié ses convictions et suivie le courant populaire en votant pour la guerre en Irak.

  2. Blogueuse_du_PQ dit :

    Alors vous dites vous-mêmes que le Web n’est pas la réponse à l’issue du vote.

    Et vous-mêmes vous ne remarquez que les erreurs d’Hillary, comme si Barack ne s’était pas contredit lui!

    Homme femme, c’est encore aujourd’hui plus difficile pour une femme. Il faut démontrer deux fois plus d’aptitudes. Et faire deux fois moins d’erreurs. Nombreux sont les gens qui ont affirmé cette réalité, même du camp adverse, lorsque Boisclair l’a emporté sur Marois. Évidemment, aujourd’hui, ils n’oseront jamais le redire étant donné que l’adversaire est Charest…

  3. Caligula dit :

    Blogueuse

    Moi j’aurais choisi Obama et ça n’a rien à voir avec le sexe mais la personnalité. Mme Clinton ne m’inspire pas confiance. Trop près de l’establishment. Et elle a reculée sur tellement de dossiers.

    Oui Obama a fait des gaffes mais qui n’en fait pas? J’aimais beaucoup André Boisclaiir mais je crois que mme Marois fera un meilleur PM. Le sexisme ne fait pas parti de l’équation dans mon cas.

  4. Blogueuse_du_PQ dit :

    Caligula, Kathleen A. Frankovic avec qui je parlais après la table ronde me disait que tous les sondages sont clairs quant au sexisme omniprésent dans la société. Et le sexisme est banalisé, contrairement au racisme.

  5. Blogueuse_du_PQ dit :

    Caligula, j’ajouterais que s’il y a un débat qui doit découler de mon billet, ce n’est pas sur Hillary ou Barack. J’ai justement évité le sujet pendant des mois, car il y avait déjà des tonnes de sources qui suivaient la campagne.

    Non, le sujet est : est-ce le Web qui peut soulever un engouement pour une personne ou si c’est la personne qui peut susciter l’envie de participer sur le Web?

  6. Caligula dit :

    Blogueuse

    Okay. Alors pour revenir au sujet, oui le web peut soulever un engouement pour une personne. Mais il peut être aussi un puissant instrument pour détruire une personne.

    Pour ce qui est du sexisme, oui il y en a et il est probablement plus banalisé que le racisme. Cela ne m’empêcherait pas d’éliminer (entre autres) le financement publique au conseil du statut de la femme si j’étais PM. Et cela sans aucun sexisme de ma part mais par simple bonne gestion des finances de l’État.

    Plus de 220 ministères et organismes pour un État de la grosseur du Québec, c’est tout simplement trop.

  7. Daniel charette dit :

    Chère blogeuse,

    tout d’abord merci pour votre excellent travail, je suis impressionné. Vous me semblez être une véritable centrale énergétique… quelle efficacité !

    Je crois que les deux facteurs peuvent interagir. Au commencement il y avait une personne et la personne s’est projetée sur le web ainsi le web a permis à cette personne de se faire connaître de la multitude…En plus, la multitude peut interagir à travers tout le processus. Je trouve cela absolument palpitant. Toujours en mouvement rien de statique dans tout cela et en transformation constante, ça peut se dérouler extrêmement rapidement pour prendre des proportions énormes ( favorables ou défavorables ). Je crois que nous pouvons considérer que le web est à l’écrit ce que le téléphone est à la voix ou le satellite à l’image, il transporte des idées, des informations, des concepts ce qui a pour effet de les diffuser universellement tout en les répliquant. Le potentiel est ahurissant et des organisations politiques découvrent, exploitent le filon. N’eût été de ce formidable vecteur électronique, je suis persuadé que M. Obama n’aurait pas été en mesure de remporter l’investiture démocrate surtout qu’il partait bon deuxième derrière la sénatrice de l’état de New-York. Le financement en ligne est un moyen prodigieux qu’une organisation a tout avantage à exploiter. Mais…pour que les gens embarquent il faut que la candidate, le candidat inspirent, soulèvent les masses. Quand c’est pourri, les gens ne sont pas prêts à s’investir, peu importe par quel moyen on essaiera de les rejoindre ils ne seront pas plus intéressés à souscrire. À mon avis, le charisme en politique ne saurait toutefois être remplacé par quoi que ce soit.

  8. Blogueuse_du_PQ dit :

    Monsieur Charette, que de bons mots, merci beaucoup. Je vise en effet d’en faire le plus que je peux, je veux ce pays. Mais j’aimerais avoir davantage de temps pour souligner le travail de tous ceux qui écrivent partout dans les forums, blogues et médias pour répandre les arguments de taille que les fédéralistes font tout pour taire. Et pour encourager un nombre toujours plus grand de gens à le faire également.

    Quant au Web, votre dernière phrase résume ma pensée, mais jumelés au charisme se trouvent aussi les préjugés personnels qui forment le plafond de verre au-delà duquel même le Web ne peut faire lever un candidat, ou dans ce cas, une candidate…

  9. Daniel charette dit :

    Chère blogueuse, entre vous et moi…évitons de le crier sur les toîts, ( hi, hi ) nous sommes à même de constater qu’une bataille se livre vraiment sur le terrain. Ensuite, le fait de jouir d’une ” confortable ” avance sur son opposant ( e ), peut constituer un piège ! Pour le moment je n’en écrirai pas davantage car je suis certain que vous avez tout ce qu’il faut pour lire entre ces lignes…les derniers seront les premiers ! Dans le féminin il peut y avoir du masculin et dans le masculin, du féminin. Parfois dans le masculin plus de féminin que de masculin ou dans le féminin plus de masculin que de féminin. Il arrive qu’entre deux femmes une soit plus masculine que l’autre qui apparaît ainsi plus féminine et chez deux hommes un qui est plus masculin faisant apparaître l’autre plus féminin. Certaines femmes ont certains attributs masculins et des hommes ont certains attributs féminins sans que nous puissions les catégoriser pour autant. Une femme peut avoir un réflexe masculin, un homme peut avoir un réflexe feminin. Avoir peur et refuser cela est compréhensible mais relève davantage du préjugé que de la raison. Au moment de la conception, et dans les débuts de la vie d’un être, la différenciation tient à très très peu de facteurs ( cromozomes x et y ) dans un agencement très subtil. Tout homme peut dire ” il s’en est fallu de peu pour que je naisse femme “, une femme peut dire qu’elle aurait pu naître homme. Une âme n’a pas de sexe, ce qui lui permet d’incarner les deux. Mais je m’arrête ici. Chacun, chacune ses convictions. Androgyne et hermaphrodite sont des termes à découvrir et si on veut, mieux connaître. Cela nous aiderait peut-être à mieux comprendre et accepter les ” différences “. Nous évoluons dans un univers merveilleux et complexe qui crée continuellement la diversité..on ne peut hélas en dire autant des apprentis-sorciers à la solde de certaines sociétés multinationales dont Monsanto qui est en train de “s’approprier” le vivant au mépris de LA CRÉATION . Mais ça c’est une autre histoire…

  10. Jpp dit :

    Au fait, @ Blogueuse

    Pensez-vous qu’il serait une bonne idée d’ajouter un forum de discution au site du parti Québécois ?

    Il existe de nombreux outils libre et gratuit comme phpbb qui permettent de gérer très facilement son forum.

    Et, si vous en êtes capable ( j’ignore si vous savez programmer en php ) vous pourriez inclure le forum au blog pour commenter sur le forum.

    Le pq serait alors le seul parti politique au Québec et un des seuls dans le monde, je crois, a avoir son forum de discution sur internet.

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