La nouvelle circule sur les ondes : les actionnaires de la Bourse de Montréal ont voté à 99,6% pour la fusion avec la Bourse de Toronto. Hourra…
Soyez certains qu’en rien je ne dénonce la joie personnelle de ces nouveaux multimillionnaires, là n’est pas le but de ce billet. Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’il y avait là-dedans une once de souci pour les intérêts du Québec. Je connais trop bien le milieu pour qu’on me la serve celle-là.
Pour ceux qui connaissent moins le merveilleux monde de la finance, dites-vous que si les actionnaires sont en accord avec l’avalement de Montréal par Toronto, ça ne veut surtout pas dire que cette transaction est une bonne chose pour le Québec. Car les actionnaires majoritaires du MX sont à peu près les mêmes que ceux du TSX.
Quand la Bourse de Montréal a fermé en 1999, ceux qui avaient un siège ont reçu des actions en échange. Et aujourd’hui, ce sont eux qui se votent un deal de sortie.
Une belle histoire de cash pour les intérêts de gens de Toronto servis par des lieutenants québécois sans attachement au Québec, et surtout bien payés, pour s’assurer que cet attachement ne se développe pas en cours de route.
Le deal est à 120$ environ (les actions ont subi une division 3 pour 1). Je vous laisse calculer les joies de leur profit…
**
La Bourse de Montréal – version «spéculations boursières»
(source : mon petit doigt)
(En plus de tout le reste énuméré ci-dessus…)
Le 21 février 2007, le NYMEX investit dans le MX 90 M$ pour 10 % à un prix de 90 $ par action. (Ceci un mois avant l’émission d’actions publiques.)
Ensuite, le TSX achète le MX pour 120 $ l’action. Un petit profit de 30 M$ pour le NYMEX en mois d’un an. On peut penser que pour se donner bonne conscience, les dirigeants du MX et du TSX ont demandé au NYMEX d’investir. Ça donne une valorisation externe au MX. On enlève ainsi les soupçons sur l’évaluation…
On peut aussi se laisser aller encore plus et imaginer que le TSX et le MX ont dit au NYMEX : Tu mets 90 M$, ça nous donne une évaluation externe, et ensuite, on te rachète à 120 M$ en moins d’un an, donc tout le monde baigne dans la joie et l’allégresse financière.
Quand le NYMEX a mis 90 M$ en février 2007, il est clair que la stratégie de sortie était établie. Voyons donc! Ils se connaissent tous ces patrons-là. Il ne suffit que d’un souper bien arrosé pour planifier le schème et hop! Le tour est joué.
Je me demande même si le communiqué affirmant que c’est une excellente chose pour le Québec n’a pas été écrit après le 4e digestif…
La blogueuse du PQ