Archive pour la catégorie 'Immigration'

Quand l’État finance le recul du français…

Jeudi 1 mai 2008

Il y a 8000 nouveaux arrivants ne parlant pas français qui arrivent ici chaque année. On ne leur offre pas de cours de français.

Mais on apprend aujourd’hui que le gouvernement offre des cours d’anglais aux immigrants francophones. Pour qu’ils trouvent de l’emploi dit-on.

Mais ne doit-on pas travailler en français au Québec? En fait, il est là le coeur du problème. Trop d’emplois au Québec demandent une connaissance de l’anglais. Pourquoi accepte-t-on que des employeurs exigent l’anglais quand ce n’est pas nécessaire?

Bien entendu, je n’ai pas en main les données qui nous indiqueraient le % de travailleurs qui disent utiliser l’anglais au travail comparé au % de demandes d’emploi qui exigent d’être bilingue. Mais une chose est sûre, trop d’emplois l’exigent à tort. Lorsqu’on va acheter du pain à la boulangerie ou un CD chez le disquaire, le vendeur n’a pas obligatoirement à connaître l’anglais. La langue de travail au Québec, c’est le français.

Vous en voulez plus? Lisez le billet d’un autre blogueur qui pète sa coche à ce sujet, mais tout en humour.

Lettre ouverte à Mario Dumont

Lundi 28 avril 2008

Collaboration spéciale :

Kamal El Batal, agr., M.Sc., MBA., DBA (en cours)
Conseiller en gestion agricole et de développement local/rural

Lettre ouverte à Mario Dumont - L’inADQuation à la dumontienne

En tant que néo-Québécois d’origine marocaine, je ne peux rester indifférent à l’égard de vos agissements populistes et non réfléchis qui soit disant en passant, ne représentent sûrement pas l’avis de la majorité des membres de ce parti puisque vous agissez quasiment en solo et de façon singulière loin du principe de leadership partagé.

Poser une pancarte électorale sur la rue Notre-Dame lors d’une élection partielle voulant signifier que le recul du français serait dû aux immigrants ou encore, geler le seuil de l’immigration parce qu’il y en trop sachant que c’est néo-québécois de valeur inestimable qui est candidat dans la circonscription de Bourget, vous éloigne complètement des principes fondamentaux « nobles et dignes » d’une opposition politique au Québec. Faire du capital politique sans mesurer les conséquences néfastes qui pourraient surgir dans un Québec « plus à droite » et « plus xénophobe » sous votre probable égide, témoigne d’une sérieuse inadéquation de votre parti.

Sachez que les Québécois ne sont ni dupes ni ignorants. C’est un peuple qui a de la jugeote et en mesure de vous qualifier si vous étiez apte au pouvoir ou non indépendamment de vos messages populistes qui pourraient nuire sérieusement aux rapports entre les anciens et les néo-Québécois de toutes origines. En d’autres termes, suivre les traces du mouvement ségrégationniste de Jean Marie Le Pen, nuira à l’image de votre parti et de vos membres qui ne souhaitent point être associés à un mouvement ou à un parti xénophobe et radical.

La vraie opposition M. Dumont que vous devriez exercer est celle, par exemple, de dénoncer les taux de chômage honteux chez certaines communautés néo-québécoises (Maghrébins 27,8%, Africains du subSahara, 24% et Haïtiens 20%) alors qu’en général, ses membres sont des francophones qui maîtrisent la langue française mieux que certains de vos députés; sont hautement qualifiés (diplomation) et dont la moyenne dépasse largement celle du Québec; près de 2/3 utilise la langue française à la maison comme moyen de communication et selon le dernier recensement, ces communautés de façon spécifique, ont favorisé l’accroissement du taux de natalité au Québec.

L’opposition « active » à ce jour, est celle qui est démontrée par certains leaders du Parti Québécois parce qu’ils cherchent à se pencher davantage sur les mécanismes d’insertion à l’emploi en critiquant de façon objective les mesures mises en avant par le gouvernement actuel en terme d’intégration à l’emploi des immigrants francophones. Ce même parti (PQ) a également manifesté un souci réel en ce qui a trait à l’échec de la régionalisation de l’immigration, à l’inadéquation des structures et mécanismes d’insertion des immigrants francophones hautement qualifiés (ingénieurs, médecins, etc.) dans des postes qui cadrent avec leurs compétences.

Voici un exemple d’« opposition active » M. Dumont comparée à la vôtre qui peut se qualifier d’« opposition passive » à visage populiste ayant pour fond l’atteinte du pouvoir, le recul de la femme québécoise, la montée de la xénophobie et de la droite radicale et surtout, la dilution de l’identité québécoise.

Kamal El Batal

Une campagne de peur, la solution de Mario?

Vendredi 25 avril 2008

ADQ - Front National

 

Selon le MICC, 70% des immigrants qui ne connaissent pas le français ne s’inscrivent pas à un cours de français.

Voici une donnée qui doit faire réfléchir à la fois le gouvernement Charest qui ne se préoccupe pas de la question (et qui n’a rien fait pendant 5 ans) et l’ADQ de super Mario qui vote pour de maigres budgets voués à la francisation.

On dit que les Québécois sont divisés sur la question? Pas surprenant avec ces deux partis qui envoient toutes sortes de messages contradictoires sans prendre réellement le dossier en main. Bien sachez quoi : la honte aussi ça se divise. Alors honte à l’ADQ et au PLQ à égalité!

Les allophones servis en anglais

Mardi 8 avril 2008

Yolande James a eu le champ complètement libre dimanche à Tout le monde en parle pour insinuer que de gros efforts sont faits (sans avoir à en nommer un seul) par son gouvernement dans le dossier de l’immigration. Personne sur le Plateau pour lui rappeler que son gouvernement a pourtant coupé dans le budget servant à l’intégration des immigrants. Et que son chef a complètement déserté le dossier de la défense et promotion de la langue française.

Mais voilà qu’on apprend aujourd’hui que les organismes publics s’adressent en anglais aux immigrants allophones :

«Même si la francisation des immigrants demeure un objectif du gouvernement du Québec, ministères et organismes publics désignent systématiquement comme anglophones une majorité de nouveaux arrivants allophones, dont plusieurs ont pourtant une certaine connaissance du français. À ce titre, ces immigrants obtiendront, leur vie durant, que l’anglais soit la langue dans laquelle l’État québécois communiquera avec eux et leur fournira des services.» (Le Devoir)

De quoi faire sursauter les Québécois, dont une ancienne attachée politique de Jacques Parizeau.

Notre passionné député Pierre Curzi est sorti aujourd’hui pour dire que des mesures incitatives doivent être mises en place et qu’il suivra de près ce dossier.

J’en profite pour vous suggérer d’écouter sa mémorable envolée sur la langue au conseil national de mars dernier. Du grand Curzi.

L’ADQ n’a plus de crédibilité pour sommer qui que ce soit

Jeudi 6 mars 2008

L’ADQ somme le PQ de revoir les seuils d’immigration. Hihi, elle est bien bonne! C’est la seule proposition de l’action démagogique dans le débat sur la langue française : arrêtons de faire venir des immigrants. Quel manque de crédibilité! Comme si c’était la faute des immigrants si les budgets pour l’intégration et la francisation ont été réduits par le gouvernement Charest…

Par ailleurs, dans ses demandes au budget, l’ADQ souhaite «30 M $ pour offrir plus de ressources pour la francisation et accélérer la reconnaissance de l’expérience et des diplômes des immigrants.» C’est moins que ce que réclame la ministre Yolande James au Conseil des ministres! Celle-ci affirme que 50 M $ seront nécessaires.

L’ADQ veut donc en faire encore moins que le PLQ pour l’intégration et la francisation des immigrants. Belle défense des intérêts du Québec…

Bouchard-Taylor : «Last call»

Vendredi 14 décembre 2007

Autant de gens, autant de points de vue, d’où l’importance de se donner des balises en identifiant les valeurs «non accommodables» de la société québécoise.

En cette dernière journée d’audiences de la Commission Bouchard-Taylor, voici un extrait du livre « Fleur de Soleil » de Han Suyin que je trouve personnellement très beau.

« Les religions pour moi sont toutes équivalentes. Aucune n’apporte une réponse totale et définitive, mais elles apportent toutes des réponses imprécises. C’est ce côté approximatif des religions qui est nécessaire à l’être humain.
(…)
Je dois donc me contenter de faire mon possible dans cette vie à moi, parce qu’il n’y a pas de dieu, il n’y a pas de paradis, il n’y a pas d’enfer, il n’y a qu’une chose, c’est être digne d’un mot : être humain

Bilinguisme canadien : foutaises!

Mercredi 12 décembre 2007

«J’explique à la requérant (sic) que je ne suis pas satisfaite qu’elle parle anglais (sic) suffisamment pour fonctionner de façon autonome. (…) Le requérant vivra dans une communauté anglophone et devra très bien parler, lire et comprendre l’anglais pour pouvoir communiquer à l’extérieur de la famille, si une urgence devait survenir.»

Ça, ce sont les mots d’un agent d’immigration Canada pour justifier son refus de recevoir une Rwandaise parlant français et s’étant inscrite dans le programme des aides familiaux résidants. Une famille francophone de Vancouver l’attendait.

Avec le projet de loi sur l’identité, sa demande remplirait les critères d’admissibilités. Ainsi, si le Québec était indépendant, nous pourrions l’accueillir sans problème. Et pour tous ceux qui ne connaissent pas bien le français, il y aurait des mesures pour les aider à l’apprendre.

Mais Dumont et Charest ont refusé de débattre de ce projet de loi basé sur la langue française.

Quant au bilinguisme canadien et au multiculturalisme, ils tuent à petit feu la francophonie. Nous en avons eu la preuve une fois de plus la semaine passée.

Charest, Dumont et la machine fédéraliste ne connaissent pas les Québécois

Lundi 10 décembre 2007

Ils ont eu beau crier au meurtre dans les médias, un sondage Léger Marketing effectué auprès de 1000 personnes (francophones et non francophones!) indique qu’une forte proportion de Québécois (63%) aimerait qu’une constitution protège la prédominance du français, le patrimoine historique, l’égalité des sexes et la laïcité des institutions.

Le sondage indique aussi que 72 % des Québécois sont en accord avec la maîtrise du français pour se présenter à des élections (et même pour voter, ce qui ne figure pas dans le projet de loi du PQ) et que 65 % croient que cette obligation devrait aussi s’appliquer aux Canadiens qui auraient l’intention de venir s’établir au Québec.

Ce sondage va exactement de pair avec la tonne de courriels d’encouragement que reçoit le PQ et Pauline Marois, tant de francophones de langue maternelle que de nouveaux arrivants qui ont appris le français et qui nous témoignent de leur intégration heureuse grâce à elle.

Et vlan! Dans les dents de Charest et Dumont qui doivent sans contredit retourner faire leur devoir d’objectivité et surtout, en apprendre plus sur le peuple qui leur a donné leur place à l’Assemblée nationale…

Mémoire du PLQ : l’art du faux-fuyant

Lundi 10 décembre 2007

Le PLQ a finalement déposé un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor. Bravo pour l’effort, c’est déjà mieux que l’ADQ qui n’a tout simplement pas eu le courage de le faire.

Il faut lui dire bravo aussi pour avoir reconnu son erreur d’avoir coupé les budgets voués à la francisation et à l’intégration alors qu’il haussait les niveaux d’immigration.

Cependant, le PLQ ne propose rien de nouveau : l’engagement moral est déjà dans la politique de 1991 sur l’immigration!

Le reste, bien que repris en pincées par le PLQ, figure déjà dans le projet de loi sur l’identité québécoise du PQ. Le président de la commission politique du PLQ, Christian Ouellet, n’aurait même pas voulu nommer les fameuses «valeurs québécoises» sur lesquelles repose cet engagement moral, sous prétexte que le choix des mots n’a pas été encore fait.

Choix des mots pas encore fait!? De toute évidence, discuter des «valeurs québécoises» est un exercice trop abstrait pour le PLQ…

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J’en profite pour vous inviter à lire deux trucs :

1) Le mémoire du PQ sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles. Oui oui, je sais, c’est long. Il faudrait vraiment en faire un résumé. Un volontaire?

2) Le billet de l’Homme en colère sur l’engagement moral ressorti des boules à mites par le PLQ. Il est de bonne humeur notre colérique, alors on en profite! ;)

Charest et Dumont : leur capital politique avant l’intégration des nouveaux arrivants

Mardi 27 novembre 2007

Alors que les témoignages faisant de la langue française une nécessité pour une bonne intégration à la vie québécoise s’accumulent à la Commission Bouchard-Taylor, l’ADQ et le PLQ préfèrent poursuivre leur stratégie politique qui consiste à prétendre que le projet de loi sur l’identité est basé sur l’exclusion.

Pourtant, PROMIS, un organisme qui œuvre depuis 20 ans auprès des immigrants, a soumis à la Commission les éléments suivants qu’il considère essentiels pour intégrer les nouveaux arrivants :

1) un travail valorisant à la hauteur de leurs espoirs légitimes
2) une connaissance de la société d’accueil, soit de sa langue, de son histoire, de sa culture et de ses valeurs profondes

Selon Promis, ces recommandations «ont pour unique objectif de créer un réel rapprochement interculturel entre les immigrants et les Québécois, et ce, afin que les immigrants qui arrivent au Québec ne demeurent pas des immigrants tout le reste de leur vie, mais qu’ils deviennent eux aussi des Québécois à part entière»

Ainsi, non seulement les propositions du Parti Québécois, à travers son projet de loi sur l’identité québécoise, sont tout à fait connectées avec la réalité, mais Jean Charest devrait s’excuser publiquement d’avoir considéré comme une «honte à la réputation du Québec» un projet de loi qui vise à mieux intégrer les nouveaux immigrants. D’autant plus que nous sommes nombreux à deviner les vraies raisons de son refus.

Quant à Mario Dumont, son inaction est non seulement une preuve très claire que son parti n’a pas les capacités d’avoir une vision à long terme, mais aussi que ses préoccupations sont encore et toujours branchées sur un seul objectif.

Jean Charest et Mario Dumont devraient cesser de se soucier du court terme et accepter de débattre immédiatement des enjeux et des solutions pour une vision à long terme harmonieuse d’un Québec ouvert sur le monde.