La santé et le privé, quel gros et pas si simple dossier n’est-ce pas? Et on s’entend que la gratuité des soins de santé serait sérieusement remise en question si Québec suivait les recommandations contenues dans le rapport Castonguay.
Vivement un réseau public de santé fort, accessible et universel. Notre système public doit être amélioré avant d’investir davantage dans le privé, car le privé occupe déjà une place importante.
Combien représente selon vous la part du secteur privé dans les dépenses totales de santé? Environ 5%, 10% ou même 15%? Non, en 2005, cette part s’établissait à 28,4 % au Québec, soit deux fois plus qu’au Royaume-Uni et qu’en Suède, et davantage qu’au Japon, qu’en France et qu’en Allemagne.
Bon, d’abord, notons que le mandat principal du rapport portait sur le financement comme tel. Il s’agit du 2e rapport en deux ans et demi à ce sujet, le dernier étant le rapport Ménard. Les deux rapports proposent d’utiliser une hausse de la TVQ pour financer en partie la croissance des coûts de santé. Que dit Couillard? Pas de hausse, en évitant évidemment de mentionner que le gouvernement libéral a déjà eu non pas une, mais deux occasions de combler l’espace de taxation laissé vacant par les deux baisses de la TPS, deux belles occasions qui auraient permis à l’État d’avoir en poche au moins 2 G$ supplémentaires par année!
Et que dit-il aussi? En fait, pas grand-chose de clair. Il rejette le rapport certes, mais gageons qu’il demandera un rapport du rapport…
Bon, et du côté de l’opposition officielle Hormis une conférence de presse avec un air triomphant visant à dire à quel point le rapport Castonguay reflète l’idée adéquiste, on note deux trucs plutôt cocasses :
-L’ADQ rejette l’idée d’une hausse de la TVQ. (Et bien ça alors! Gilles Taillon était membre du comité de Jacques Ménard qui, en 2005, proposait aussi cette avenue.)
-L’ADQ est d’accord avec un ticket modérateur. (Et bien encore ça alors! Éric Caire, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, disait exactement le contraire dans un article du Journal de Montréal en octobre dernier. Et aujourd’hui, c’est lui qui demande au premier ministre et au ministre de la Santé de revenir sur les déclarations passées et de ne pas avoir peur d’admettre qu’ils se sont trompés…)
Avant d’ouvrir davantage la porte au privé, il faudrait d’abord utiliser au maximum le réseau public de santé, non? Les Québécois paient déjà 24 G$ de leurs taxes et impôts pour la santé. Il me semble que nous pouvons faire mieux. Des exemples? À l’Hôpital Sacré-Cœur, deux salles d’opération non utilisées, mais on envoie des chirurgies au secteur privé. À l’Hôpital Pierre-Boucher, 1,5 M$ pour une salle d’hémodynamie non complétée et qui est devenue la salle de débarras la plus cher au Québec…
Et le merveilleux dans tout ça est que tous les acteurs du réseau sont prêts à collaborer.
Et vous, qu’en dites-vous?