On vient d’apprendre qu’en vertu d’une entente secrète avec le Parti libéral du Québec, le «nouveau Charest» reçoit une prime annuelle de 75 000$ depuis son arrivée sur la scène provinciale en 1998.
Marc-André Blanchard, président sortant du PLQ, a tenté de calmer le jeu et de justifier ces versements en prétextant qu’ils constituent la meilleure façon de mettre Jean Charest à l’abri de la corruption.
Doit-on en conclure qu’il manquait 75 000$ à Jean Charest pour que son seuil de loyauté soit atteint? Pour ne pas succomber à la tentation des enveloppes brunes?
Pourtant en 2000, cette prime anticorruption n’avait pas empêché le premier ministre de se faire payer un voyage au Mexique par le lobby canadien de la construction.
Jean Charest, qui semble avoir importé d’Ottawa les pires pratiques du parti conservateur, peut-il nous dire si, comme son mentor Brian Mulroney, il exigeait que son bonus lui soit versé en argent comptant?
Le silence du premier ministre est assez troublant.
Surtout lorsqu’on sait qu’au fédéral, sa prime anticorruption était de 150 000$.
Surtout quand on connaît la propension de Jean Charest à accepter les enveloppes brunes, dont celles de Karlhein Schreiber.
Surtout lorsqu’on sait qu’il a toujours nié avoir reçu un quelconque pont d’or lors de son passage en politique québécoise, allant jusqu’à faire congédier des journalistes qui avaient osé poser des questions sur ses finances.
En fait, son silence n’est pas troublant. Il est éloquent.