« La souveraineté du Québec est l’objectif premier du Parti Québécois. Le Parti Québécois continuera à faire la promotion de la souveraineté car la souveraineté c’est avoir le dernier mot sur notre avenir.
Il y a une chose dont toutes les Québécoises et tous les Québécois n’ont jamais douté, c’est qu’ils forment une nation. Et on ne gouverne pas une nation comme on gouverne une province. Une nation doit pouvoir agir pour préserver ses intérêts supérieurs et promouvoir les projets essentiels à son développement. Le Québec doit pouvoir agir sur son avenir et gagner en liberté. Le Québec ne peut se satisfaire des pouvoirs qui sont les siens car dans un État fédéral qui, lui, va en se centralisant, cela revient à reculer. Ce sont les victoires et les réussites du Québec qui font avancer le projet souverainiste. Voilà pourquoi un gouvernement du Parti Québécois s’engage à faire progresser le Québec. »
Pauline Marois
Le Parti Québécois gouvernera le Québec comme une nation. Cela signifie que nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger l’identité québécoise et nous investir pleinement dans tous nos champs de responsabilité afin de faire progresser le Québec.
Le Québec forme une nation et est animé d’une culture qui lui est propre. Notre culture colore tous les aspects de la vie de chacun d’entre nous ; son espace, son temps, sa langue, son corps, son esprit et même son âme. La culture consiste aussi en l’occupation de notre espace géographique, historique, linguistique et social. Il s’agit donc d’une préoccupation qui englobe entièrement notre identité. La culture doit s’affirmer. Nos artistes et nos créateurs l’animent et la font rayonner à travers le monde. Une culture qui ne s’incarne pas disparaît.
Il y a trois engagements fondamentaux que le Parti Québécois est le seul à pouvoir prendre :
- Nous gouvernerons le Québec comme des souverainistes en occupant la totalité des champs de compétence que nous reconnaît le cadre juridique actuel.
- Nous défendrons les intérêts et les valeurs du peuple québécois dans tous les domaines et à toutes les tribunes auxquelles nous avons accès ; nous n’accepterons jamais que des projets essentiels à l’avenir de notre nation soient bloqués en raison du refus d’agir du gouvernement fédéral.
- Nous ne renoncerons jamais au droit absolu et inaliénable du peuple québécois à décider librement de son destin, à son droit d’accéder à la souveraineté politique au moment où il le choisira démocratiquement.
Afin d’assurer la défense des intérêts des Québécoises et Québécois, de protéger l’avenir de la nation québécoise comme nation francophone des Amériques et de permettre au Québec de donner sa pleine mesure en regard de ses valeurs, ici et dans le monde, le Parti Québécois va :
6.1. Adopter une constitution et instituer une citoyenneté québécoise
- Faire adopter une constitution québécoise par l’Assemblée nationale. Cette constitution énoncera notamment les valeurs fondamentales sur lesquelles est fondée la nation québécoise. Elle instituera une citoyenneté québécoise définie dans une loi, enchâssera les droits et libertés de la personne et les droits linguistiques fondamentaux, décrira les institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires du Québec, prévoira sa révision et assurera sa suprématie.
6.2. Faire progresser la nation québécoise
- Défendre la souveraineté législative exclusive du Québec dans ses champs de compétence.
- Se battre pour récupérer tous les pouvoirs que les Québécois considèrent comme essentiels pour préserver leur identité, continuer à défendre leurs intérêts et assurer leur avenir : la langue, l’immigration, la culture, les communications et les relations internationales reliées à nos champs de compétence.
- Mettre un terme aux empiètements répétés du fédéral et réclamer les points d’impôts qui s’ensuivent.
- Prendre l’initiative dans des domaines de juridictions partagées.
- Mettre fin au prétendu pouvoir fédéral de dépenser.
6.3. Renforcer le statut de la langue française
- Modifier la Charte de la langue française
- S’assurer de l’utilisation du français comme langue de l’administration dans les relations de l’État avec les entreprises et les citoyens.
- Mettre en place des mesures spécifiques pour franciser les entreprises et commerces (1 à 50 employés) en tenant d’abord compte de certains critères comme le nombre d’employés et leurs liens directs avec les consommateurs. Afin d’aider les entreprises et commerces dans ces démarches, des mesures fiscales incitatives seront mises en place.
- Exiger de tout employeur dont les conditions d’embauche pour un emploi demandent la connaissance d’une autre langue de démontrer la nécessité de cette connaissance pour occuper l’emploi.
- Donner plus de pouvoirs à l’Office québécois de la langue française et tous les moyens nécessaires pour faire appliquer la loi.
6.4. Placer les arts et la culture au cœur de notre projet
- Rapatrier d’Ottawa les compétences, les budgets et les fonctionnaires associés à la culture et aux communications. Les lois et les institutions fédérales sont insensibles à l’identité culturelle spécifique québécoise et il revient au Québec d’administrer pleinement ce domaine vital pour la nation québécoise.
- Marier culture et éducation.
- Renforcer les partenariats entre les ministères de l’Éducation et de la Culture.
- Faire des institutions scolaires un lieu privilégié d’apprentissage de la culture, de coordination et d’organisation d’activités de fréquentation des arts de la scène en contexte professionnel et autres sorties culturelles.
- S’assurer de la fréquentation pour les élèves de niveau primaire et secondaire d’activités culturelles extérieures à leur milieu scolaire.
- Intégrer graduellement des artistes formés professionnellement ou reconnus comme tels dans toutes les écoles de niveau primaire et secondaire.
- Permettre à Télé-Québec, la seule télévision publique ayant une mission éducative et culturelle, d’accroître sa capacité de production en région et ses liens avec le réseau de l’éducation.
- Soutenir davantage les artistes et les institutions culturelles, notamment en région.
- Augmenter graduellement, en fixant certaines cibles, le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).
- Appuyer les réseaux actuels afin d’accélérer la circulation nationale et régionale des œuvres et des artistes.
- Favoriser le soutien public aux créateurs, aux artistes, aux producteurs et aux diffuseurs culturels.
- Favoriser « l’occupation culturelle » du territoire en s’assurant que toutes les MRC et leurs municipalités aient une politique culturelle.
- Accélérer les travaux relatifs à l’amélioration de la condition socio-économique des artistes.
- Protéger et mettre en valeur le patrimoine culturel
- Adopter une loi sur le patrimoine culturel du Québec visant à sauvegarder le patrimoine culturel matériel et immatériel du Québec.
- Élargir la politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’ensemble des constructions financées par des fonds publics (constructions municipales, infrastructures routières et énergétiques).
- Accentuer le rayonnement culturel et la présence de nos artistes à l’étranger
- Soutenir le rayonnement international des œuvres et productions,
en particulier les tournées internationales.
- Œuvrer à l’adoption d’une convention sur la protection et la promotion de la diversité linguistique en élaborant un plan d’alliances stratégiques avec la Francophonie internationale, les pays latins et les autres nations préoccupées par cet enjeu.
- Mettre en œuvre la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.
6.5. Assurer la pleine intégration des immigrants au Québec
- Conclure avec les personnes qui s’établissent au Québec un contrat d’intégration afin de favoriser leur intégration à la vie québécoise.
- Offrir à tout nouvel arrivant l’accès aux ressources nécessaires pour apprendre le français dès son arrivée au Québec.
- Faire de l’apprentissage de la langue française un droit pour les nouveaux arrivants et prendre les moyens appropriés pour y parvenir.
- Faciliter l’accès au travail des immigrants et leur répartition sur l’ensemble du Québec.
- Favoriser la reconnaissance des diplômes des nouveaux arrivants.
- Instituer des passerelles permettant aux professionnels de pratiquer
leur profession au Québec (formation d’appoint, etc.).
- Favoriser l’embauche de Québécoises et Québécois issus de l’immigration dans la fonction publique québécoise et les sociétés d’État.
- Rendre accessibles dans tout le Québec des programmes de mentorat destinés à l’insertion professionnelle des travailleurs issus de l’immigration ainsi qu’à la prévention du décrochage scolaire des jeunes issus de l’immigration.
- Encourager les projets d’action communautaire et intercommunautaire en particulier pour les femmes et les jeunes immigrants.
6.6. Lutter contre le racisme et la discrimination
- Adopter une politique de lutte contre le racisme et la discrimination.
6.7. Consolider l’enseignement de l’histoire nationale
- Scinder l’enseignement de l’histoire et de l’« éducation à la citoyenneté » et réintégrer la nation québécoise comme sujet historique dans les cours d’histoire du Québec des écoles québécoises.
6.8. Ouvrir le dialogue de nation à nation avec les premières nations et les Inuits
- Créer une Commission parlementaire permanente sur le dialogue entre le Québec et les Premières Nations et les Inuits. Cette commission aurait pour mandat d’étudier tout projet de loi ayant une incidence sur les Premières Nations et la nation inuite.
- Mettre sur pied l’Assemblée des Nations, un forum parlementaire permanent composé de représentants de l’Assemblée nationale et des instances des Premières Nations et de la nation inuite. Cette instance aurait notamment pour mandat d’assurer un dialogue permanent entre les représentants politiques du Québec et des Premières Nations et de la nation inuite, particulièrement à l’égard des dispositions de la Constitution québécoise les concernant ainsi que dans la mise en œuvre de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.
- Associer les Premières Nations et les Inuits au processus de décentralisation régionale afin d’assurer la conciliation entre les gouvernements régionaux et les gouvernements des Premières nations et des Inuits.
6.9. Intensifier nos relations internationales
- Augmenter la contribution du Québec dans la Francophonie.
- Accorder une véritable attention à la promotion du français comme langue internationale et s’offrir les moyens nécessaires pour mener à bien nos activités de coopération avec les pays francophones en développement. Le Québec appuiera de manière significative l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et ses opérateurs, tout spécialement TV5.
- Accorder une plus grande importance aux forums internationaux.
- Exiger la constitutionnalisation de la présence du Québec dans les forums où les matières de sa compétence sont traitées (UNESCO, OIT).
- Augmenter la présence du Québec auprès des institutions de la Communauté européenne et auprès de l’OCDE.
- Intensifier nos relations bilatérales.
- Renforcer la présence du Québec dans les pays où nos intérêts économiques, politiques ou en matière d’immigration sont en jeu, notamment dans l’espace francophone.
- Faire du réseautage un outil privilégié de notre présence sur la scène internationale.
- Appuyer les réseaux universitaires (AIEQ), les réseaux culturels (diplomatie culturelle) et les réseaux d’affaires.
- Replacer toutes les relations internationales, y compris le commerce extérieur et la coopération scientifique et technologique, sous une même autorité.
- Faire la promotion de l’excellence et développer l’expertise québécoise en matière de relations internationales.
- Appuyer les chaires, instituts et centres de recherche.
- Ranimer et actualiser le projet d’Observatoire de la mondialisation.